dimanche 8 avril 2018

La vague

Sous les contours du jour, sourde creuse la vague
L'ivresse qui se presse, du bleu plein les yeux
C'est tendu comme un fil que vole la particule, ajustant l'air autour
Et si je m'extasie, à voir ce feu qui brille, mes mains brûlent les tours
Des mots glacés, givrés, pourtant c'et chaud à l'intérieur
La vague salée tonne et l'eau me pousse sur la terre ferme
Dans mon corps limité je rêve de m'envoler, de pouvoir tout embrasser
Des lys, des iris, mon jardin s'emplit de couleurs
Le temps nous captive, nous priant d'y mettre un sens
Mais moi je navigue toujours dans les contre-courants
Quand se lève la lune, à ceux qui dissimulent
Mes mots prennent forme et l'eau vive ondule
Le soir s'écrit l'histoire du fil et du rasoir
Des espoirs loin dans la mémoire secouent nos chaînes
La vague là me tient au chaud, autant dormir sans peine
Quand tu es las, ton rêve à l'eau, prend donc le navire
Et trouve en mer ma bulle d'air, derrière les contours
De croisements naissants,  sur terre le choix est permanent
Dans l'espace du vent, le vide m'appelle comme un chant
Mes mains brûlantes rêvent d'y délivrer mon corps



mardi 4 avril 2017

Printemps

Silencieux éclat luminescent, rai entre deux ombres nuance le vernis figé du parquet
Invités diurnes de notes longilignes, vibrations célestes atterrissent au creux du morne hiver
Quelques soubresauts d'agitation, pour une baignoire d'où l'on se coule frissonnant et humide
Le sang qui pulse paume de mon jardin, ranime timidement les braises noires et poisseuses
Circule enfin chaud bouton floral, circonvolutions d'idées portées au nues de doigts de fées
Chasse la paralysée solitude, en courbes tracées à la craie, amie curieuse et impavide
Extension lunaire de mon antre âme, résonne des chants d'amour dans les plis du linge en sueur
Crinière sauvage et habits duveteux , seule mais jamais perdue la liane aux instincts printaniers

mercredi 15 mars 2017

Parenthèse réflexion, du sens de l'amour, ses va et vient

Le sentiment amoureux, ou l'accord du corps et de l'esprit, ou la beauté de l'être dépasse la multitude des facettes de l'autre. Il enveloppe et suscite le désir en nous, désir de présence, de s'abreuver de nos sens, pour mettre du sens justement. Je me suis demandée à un moment ce qui me ferait vraiment souffrir dans ma relation à mon amoureux, au cours d'une réflexion sur le polyamour et la monogamie. Et ce qui m'est venu, c'est que le fait que l'être qui partage mon intimité puisse en aimer une autre me paraît un possible naturel et envisageable, voire enrichissant et de toute façon non maîtrisable. Si d'autres relations peuvent lui offrir ce que je ne suis pas en capacité de donner, voire lui donnent la possibilité d'enrichir nos propres échanges par l'expérience d'autres énergies, la jalousie et mon propre sentiment d'insécurité qui naîtrait certainement s'en trouverait apaisé, pourvu que l'énergie circule. Mais je m'imagine sans difficulté le chagrin que je pourrais éprouver de ressentir le désamour, l'indifférence et et le sentiment de ne plus exister dans le regard de l'autre. Même si cela me semble moins douloureux d'une relation amoureuse que l'on a longtemps éprouvé et lorsque l'on s'est autorisé à aimer sans restriction dans sa relation . Comme si quelque part, le fait que l'autre se soit épris de nous un jour, avec cette impression de mise à nu dans l'exposition de son désir de l'autre, manifestait également le désir de l'âme qui lui ne s'éteint pas. Et de cette exposition sans masques (ou en tout cas avec quelques masques en moins) naît la confiance, en l'autre, mais aussi en soi, en la Vie qui respire et nous inspire du désir. Un désir qui lorsqu'il peut exister librement, célébré du plaisir de se sentir vivant, mais aussi mourir librement, comme la brise qu'on accueille sur sa joue et qu'on laisse aller, alors la plénitude arrive, délivrée de l'urgence, de l'échéance du temps qui passe et de la séparation et au delà, l'illusion de la séparation d'avec le tout. A travers cet amour qui s'exprime, l'on peut retrouver l'émotion de la fusion, la plénitude d'être relié, en-vie ! Lorsque cet amour cesse à un moment de l'existence, cela me paraît plus facile d'être en acceptation du désir de l'autre (et de son non désir) lorsque l'on s'autorise à ressentir son propre désir lorsqu'il se présente en nous au gré de nos rencontres et connexions aux autres. Je ne parle pas ici de le vivre forcément charnellement, ni même de l'exprimer à haute voix, mais simplement de la réalisation que le désir existe, avec l'accueil et la présence juste à Soi même, sans honte ni culpabilité. Cela me paraît plus facile d'entrer en relation à l'autre et à soi, de respirer tout simplement, lorsque l'on se donne le choix, d'emprunter un cadre ou non, affranchi d'un modèle idéal que l'on s'impose consciemment ou inconsciemment.
C'est quelque chose que l'on peut retrouver en partie dans les relations amicales, où l'on s'autorise plus à ne pas chercher l'amitié qui comblerait tous nos besoins. On n'attend pas de rompre pour accueillir l'échange que l'on sent émerger d'une rencontre toute neuve. D'un autre côté, les relations amicales, de nature plus libres et fluctuantes peuvent amener plus d'insécurité et souvent la quête d'amour est une quête de sécurité, de celle que l'on a pu vivre dans le ventre maternel ou dans les bras parentaux, où la fusion nous protégeait de tout. Les relations d'amitié sont parfois empreintes de superficialité, en particulier lorsque nos failles résonnent et nous poussent à porter plus de masques pour se protéger de l'abandon, du rejet et de la trahison. Je crois aussi que dans mon cas, je le ressens d'autant plus fort que je capte un peu fort les masques, les faux semblants et autres fluctuations d'énergie et que je me sens parfois perdue avec ces informations, ne sachant pas toujours poser mon propre cadre, mes propres limites peut-être?.. En l'absence d'un territoire intime partagé où un espace s'offre à l'expression de notre authenticité, de l'expression de notre vulnérabilité, on peut se revêtir d'une sorte d'armure afin de demeurer dans une zone assez confortable pour soi-même, mais imposant un filtre pouvant empêcher le passage et donc, la rencontre. Toutes ces allées et venues d'une relation à une autre sont extrêmement riches de leçons à vivre et intégrer, mais de par leur répétition dans la spirale de l'expérience, elles peuvent aussi poser un voile sur l'expérience de notre reliance à notre nature divine au travers de la respiration à l'autre. Il me paraît important de revenir régulièrement à soi, en son centre, afin de stopper les cercles dont nous ne voulons plus et en emprunter de nouveaux.


Nous sommes je crois à la base des êtres parfaits d'amour vibrants dans la Source et reliés les uns aux autres. Aussi, les âmes se reconnaissent entre elles et elles gardent la mémoire de nos multiples expériences, de nos jeux terrestres. Elles sont les gardiennes de nos archives et ne cessent pas d'aimer, même lorsque notre cœur ne vibre plus pour l'autre, et inversement. Mais sur Terre la dualité et la matière nous font vivre l'expérience des sens et du mental, en plus de celle du cœur relié à l'âme. Et le mental raisonne, programmé par la somme des informations et vibrations enregistrées par notre véhicule physique depuis notre conception. Aussi nos vécus sont fait d'ombre et de lumière, d'histoires et de mémoires, de blessures et d'armures, de joies et de chagrins.
Rencontrer l'autre c'est se rencontrer soi, se connecter au Tout qui est à la fois Un en passant par la respiration, de l'intérieur vers l'extérieur, puis de l'extérieur vers l'intérieur, échange de vibrations, d'énergie à travers l'expérimentation de nos sens, pour retrouver l'essence, de qui nous sommes.
La variété des milliards d'êtres humains qui partagent l'espace de cette planète, des animaux et de tous les autres règnes vivants, fait que l'on peut constamment vivre cette respiration de l'échange.
Pourtant, nous choisissons communément de restreindre ces échanges à quelques êtres, et de vivre ceux qui nous mettent en lien avec l'intimité et la sexualité avec une seule personne. Parfois on parle d'âme sœur, de flammes jumelles, de notre moitié, comme si nous étions incomplets sans la présence physique de cet autre de qui alors nous attendons qu'il comble les vides, ou ce que nous croyons être des vides en nous. Certain(es) éprouvent ces sensations sans l'avoir cherché ou attendu. Ils vivent cette connexion magique à l'autre intensément et je crois que c'est juste ce qu'ils ont à vivre. Une expérience parmi d'autres, pas le modèle à vivre pour être heureux. Nous aimons retrouver la plénitude dans la connexion, nous nous cherchons nous mêmes, parfois jetant des bouées à la mer, des failles qui iront s'accrocher aux chaînes que nous traînons et nous jouons pour nous rappeler, jouons pour ressentir, jusqu'à en oublier qu'à la base, nous sommes complets et parfaits, Un dans le Tout, juste des êtres d'Amour !

lundi 6 mars 2017

Des échos...

L'on se voyait d'abord, parfois d'éclairs luminescents, comme un sapin de Noël incandescent,
l'on s'entendait alors, fébriles coups de fils évanescents, bâtons rompus, d'échanges moins innocents
Tu me regardais partir, je te regardais t'enfuir, profondément ancrées, les chaînes de la discorde
Et sans miséricorde nous tirions dessus, jusqu'à s'en fêler les poumons et cracher nos semonces
Nous étions là, aux entournures et pensions nos blessures, nous nous faisions la guerre, pas peu fiers

Noces de queer en mode Platon, sachant bien que ne sachant rien, et pourtant c'était tout, wait

lundi 27 février 2017

LA PLUIE (Septembre 2010)

La Pluie


La pluie qui dessine sa fantaisie sur ma fenêtre,
Ondulations qui défilent comme le temps maître
Resterait bien encore à contempler tes courbes
Cristallines gouttes aux trajectoires sinueuses
Prennent plaisir à s’abattre dans un bruit sourd

Te raconterais bien le vacarme de ma vie
Nature contenue dans ce monde qui s’ennuie
J’envie ta folie, ton implacable rage
Dénuée d’entraves, de chaînes existentielles
Tes propres victimes te rendent encore hommage

Dans la chaleur où sous ce toit je m’abrite
De ne pas ressentir ta froideur me félicite
Pourtant ta folie j’envie, aux multiples miroirs
De tes mariages à l’océan, ou tes orages capricieux
Tes millions de courtisanes, dansant dans l’air du soir

Me plait la goutte d’eau, aux reflets enchantés
Toi la gardienne des mémoires de l’humanité
Envie tes secrets préservés dans cette bulle de vie
Ton essence commune qui te rend si précieuse
Vitale à nos corps, ouvrant la porte à nos esprits

La pluie que j’aime te voir danser à ma fenêtre
Essayant de deviner les formes qui vont naître
Mes pensées se perdent dans ces étoiles scintillantes
Tes mille éclats reflétés dans la lumière des phares

Comme j’aime ta compagnie dans la fraîcheur du soir

L'artiste (Novembre 2007)

L’artiste serait il caché quelque part dans son œuvre, comme s’il fallait reconstituer un puzzle pour découvrir finalement son auteur. A quoi reconnaît-on un artiste, si ce n’est aux émotions, à la beauté parfois délicate, parfois choquante, ou aux sensations subtilement perceptibles qui se dégagent des couleurs et des matières, des accords et des textes ? L’art serait il un moyen d’être visible aux yeux des autres sans les masques que nous portons dans nos attitudes quotidiennes ? Une sorte de prolongement de nous même, en apparence abstrait, mais qui touche spontanément le regard, lorsque la barrière du corps et de l’idée que l’on s’en fait n’est plus là pour nourrir les fantasmes et préjugés. Un concentré d’arôme, l’essence même de ce qui fait que nous sommes, des êtres complexes et uniques, tissés de plusieurs toiles, ou le fil de notre histoire apparaît nu au fur et à mesure que l’on suit l’évolution de l’oeuvre. Sommes nous tous finalement artistes, entre le besoin de communiquer une certaine vision du monde, et celui de défouler nos tourments intérieurs en les transcendant par la création, certainement oui. L’art est une histoire de partage, de don de soi, et d’expression, et l’on reconnaît l’artiste dans sa capacité à mettre tout en œuvre pour que le support prenne vie, et communique à l’autre, son propre don d’aimer…

Le dévoreur (Novembre 2007)

S’insinuant dans chaque recoin de nos esprits
Comme l’eau s’infiltre dans les plus infimes fissures
Vampirisant le cœur aspirant peu à peu sa vie
Harceler de mots infâmes de cette voix qui murmure
Comme un puissant et lent poison elle vous a à l’usure

Vaines promesses, vaines complaintes que nul n’entend
Aucun mot ne peut apaiser ce fourbe démon
Ni toutes les larmes, ni la tendresse partagée un instant
S’abreuvant du sang qui vous brûle la raison
Immense feu dévoreur que nourrit la passion

Que je te hais, briseur d’éclat, voleur d’essences
Souhaite ta mort, toi qui la sème au cœur des hommes
Sans lui mon âme se meurt dans le silence
Le vide de cette silhouette perdant sa forme
Pleurant de cet écho qui toujours lui raisonne

Te conjurer, toi et ta horde de sangsues
Toi qui condamne au crime et aux pires tourments
Te renvoyer à l’état de vide absolu
Toi qui n’existe que dans les yeux de cet amant

Depuis devenu sourd aux plus beaux chants